Neurostimulation et incontinence :
ce que dit la science
Étude Pinktens et générales
Neurostimulation et incontinence :
ce que dit la science
Étude Pinktens et générales
Pinktens a fait l'objet d'une étude clinique au sein d'un hôpital universitaire.
Cette page rassemble deux volets distincts : l'étude portant spécifiquement sur le dispositif médical Pinktens, et la littérature scientifique, plus générale, relative à la méthode de stimulation du nerf tibial.
L'ÉTUDE CLINIQUE PINKTENS
Développement et mise en œuvre d’un programme multimédia de télé rééducation au moyen d’un dispositif d’électrostimulation et d’une application mobile pour la rééducation du plancher pelvien (PINKTENS).
Voici une vue d'ensemble de l'étude menée sur le dispositif médical Pinktens. Nous en présentons le protocole et les résultats tels qu'ils ont été observés (étude traduite de l'espagnol).
100%
des participants ont rapporté une amélioration
25 participants
(22 femmes / 3 hommes)
6 mois
Durée du protocole
Conclusion : Dans le cas de l’incontinence fécale (groupe A), une amélioration nette est observée sur l’échelle de Wexner, qui évalue la sévérité de l’incontinence : la moyenne passe de 10,75 à l’inclusion à des valeurs proches de 1 après cinq mois de traitement, considérées comme normales. Cette évolution s’accompagne d’une amélioration significative de la qualité de vie, objectivée par les scores du questionnaire FIQoL, avec une augmentation notable dans ses quatre dimensions par rapport à l’état initial, en particulier pour les dimensions « style de vie » (+1,13) et « comportement » (+1,14).
Chez les patients présentant une incontinence urinaire (groupe B), l’amélioration clinique est également manifeste à l’analyse des résultats du questionnaire ICIQ-UISF. Une progression significative est observée pour l’ensemble des items, et tout particulièrement pour celui relatif à la qualité de vie, qui reflète l’impact de l’incontinence sur la vie quotidienne des patients. De même, l’analyse du test de la vessie hyperactive, regroupant les données à l’inclusion, à 3 mois et à 5 mois selon les dimensions « symptômes » et « gêne », met en évidence une amélioration sur les quatre dimensions évaluées, urgence, fréquence, nycturie et incontinence. Ces résultats confirment que l’amélioration du contrôle mictionnel se traduit par une diminution importante des symptômes et des gênes, permettant dans de nombreux cas d’atteindre une continence complète.
Type d'étude : Observationnelle
Population : Cette étude a été menée sur 2 groupes :
Groupe A : 12 patientes atteintes d'incontinence fécale
Groupe B : 13 patients (10 femmes et 3 hommes) atteints d'incontinence urinaire.
L'âge moyen de ces patients est de 51 ans (groupe A) et 65 ans (groupe B
Critère principal : Amélioration et baisse des troubles d'incontinence
Réalisée par : Dr Manuel Alcántara Moral, Service de chirurgie générale et du système digestif (Unité de coloproctologie), Unité du plancher pelvien, Hôpital universitaire général de Catalogne Sant Cugat (Barcelone), Espagne.
Publication officielle : en cours
Neurostimulation du nerf tibial : ce que dit la recherche
La stimulation transcutanée du nerf tibial postérieur est étudiée depuis plusieurs années dans la prise en charge des troubles urinaires. Voici un aperçu de ce que rapporte la littérature scientifique sur cette méthode, à titre d'information générale, et sans que ces travaux constituent une preuve relative à notre dispositif. Ces études sont publiées en anglais, voici une sélection :
ESSAI RANDOMISÉ DE STIMULATION TRANSCUTANÉE DU NERF TIBIAL POUR TRAITER L'INCONTINENCE URINAIRE PAR IMPÉRIOSITÉ CHEZ LES FEMMES ÂGÉES
Lucas Schreiner 1, Thaïs Guimarães dos Santos , Mara Regina Knorst , Irênio Gomes da Silva Filho 2010
Conclusion : La stimulation nerveuse transcutanée (TTNS) est efficace pour traiter l'incontinence urinaire d'effort chez les femmes âgées.
DIFFÉRENTS POSITIONNEMENTS D'ÉLECTRODES POUR LA NEUROSTIMULATION ÉLECTRIQUE TRANSCUTANÉE DANS LE TRAITEMENT DE L'IMPÉRIOSITÉ URINAIRE CHEZ LA FEMME : PROTOCOLE D'UNE ÉTUDE CLINIQUE RANDOMISÉE ET CONTRÔLÉE
Juliana Falcão Padilha , Mariana Arias Avila , Enio Júnior Seidel , Patricia Driusso 2018
Conclusion : La présente étude vise à alimenter une discussion plus approfondie sur le positionnement des électrodes pour l’électrostimulation dans le traitement des impériosités. Il convient de souligner que, si l’hypothèse d’une diminution similaire de l’impériosité après les deux traitements (TTNS et PTES) est confirmée, la PTES pourra être utilisée comme alternative au positionnement des électrodes au niveau du nerf tibial chez certaines populations spécifiques, telles que les personnes amputées ou celles présentant une déficience sensorielle sévère des membres inférieurs.
STIMULATION ÉLECTRIQUE TRANSCUTANÉE DU NERF TIBIAL VERSUS STIMULATION ÉLECTRIQUE VAGINALE CHEZ LES FEMMES ATTEINTES DU SYNDROME DE LA VESSIE HYPERACTIVE : LES INTERVENTIONS À COURT TERME ONT-ELLES UN RÔLE À JOUER ?
Janaina Mayer de Oliveira Nunes, Emerson Pereira Gregório, Éliane Cristina Hilberath Moreira, Fuad Ahmad Hazime, Marcio Augusto Averbeck, Silvio Henrique Maia de Almeida 2023
Conclusion : Les interventions à court terme (6 semaines) de stimulation transcutanée du nerf vague (TTNS) et de stimulation vibratoire (VS) se sont avérées efficaces pour traiter l’hyperactivité vésicale chez la femme. La TTNS a produit des effets résiduels un mois après l’intervention sur le score ICIQ-OAB.
EFFICACITÉ DE LA STIMULATION TRANSCUTANÉE DU NERF TIBIAL (STNT) CHEZ L'ADULTE ATTEINT DU SYNDROME DE LA VESSIE HYPERACTIVE : UNE REVUE SYSTÉMATIQUE
Joanne Booth - Lesley Connelly - Sylvia Dickson - Fiona Duncan - Maggie Lawrence 2017
Conclusion : Les données probantes concernant l’efficacité et l’innocuité de la stimulation transcutanée du nerf vague (TTNS) dans le traitement de l’hyperactivité vésicale idiopathique chez l’adulte sont limitées. Elle pourrait également être bénéfique chez les patients atteints d’hyperactivité vésicale neurogène. Des études complémentaires sont indispensables pour confirmer ces résultats et déterminer l’efficacité et les coûts associés pour des groupes de patients spécifiques, la dose de stimulation optimale, la durée d’action et les protocoles de stimulation pour un traitement d’entretien à long terme.
Concrètement, comment agit la neurostimulation du nerf tibial ?
Une explication simplifiée du principe physiologique.
1
Point de stimulation
Tout commence à la cheville. Le nerf tibial passe juste derrière la malléole interne (l'os saillant côté intérieur de la cheville), à un endroit facile d'accès et très éloigné de la zone que l'on cherche à influencer. C'est là que l'électrode est posée. Ce choix peut surprendre : pourquoi agir au niveau de la cheville pour s'adresser à la sphère pelvienne ? Parce que le nerf tibial partage une origine commune, au niveau des racines nerveuses sacrées (S2 à S4), avec les nerfs qui pilotent la vessie et le plancher pelvien. Stimuler la cheville revient donc à emprunter une « porte d'entrée » discrète vers ce centre de commande.
2
Signal et trajet
L'appareil envoie une impulsion électrique légère et contrôlée. Plutôt que de provoquer une contraction locale du pied, ce signal remonte le long du nerf tibial en direction de la moelle épinière, jusqu'aux racines sacrées. C'est précisément le carrefour où s'organisent les réflexes de la vessie et du plancher pelvien. Le principe est celui de la neuromodulation : on ne « répare » pas un organe, on agit sur la façon dont les signaux nerveux circulent et se régulent, afin d'aider à apaiser une activité nerveuse trop intense ou désordonnée. Le message part de la périphérie (la cheville) pour aller influencer la commande centrale.
3
Régularité
C'est sans doute le point le plus important à comprendre. La neuromodulation n'agit pas comme un interrupteur : son effet se construit dans le temps, séance après séance. Le système nerveux a besoin de stimulations répétées et régulières pour modifier progressivement ses habitudes de fonctionnement. Une séance isolée a peu d'impact ; c'est la constance qui compte. Les protocoles reposent généralement sur des séances rapprochées au départ, puis espacées en entretien une fois les premiers effets ressentis. La régularité n'est donc pas une contrainte secondaire : elle fait partie intégrante du mécanisme.
Important
- Les résultats observés dans une étude de garantissent pas un effet identique pour chaque personne : les réponses varient d'un(e) patient(e)à un(e) autre.
- La neurostimulation tibiale est étudiée dans certains troubles urinaires précis.
- Notre dispositif Pinktens ne remplace pas un avis médical ni un traitement adapté, en cas de doute, consultez un professionnel de santé.
- Une étude, des recherches, apportent un éclairage, elles ne constituent pas à elles seules une vérité scientifique.
Questions fréquentes
Une étude clinique est une recherche menée auprès de volontaires afin d'évaluer un dispositif médical ou un traitement dans des conditions encadrées et documentées. Elle mesure des critères définis à l'avance (par exemple la fréquence des fuites urinaires ou la qualité de vie) selon un protocole rigoureux, et permet de recueillir des données objectives sur l'effet observé et la sécurité d'utilisation. Les résultats sont analysés statistiquement puis, le plus souvent, publiés ou soumis à évaluation. C'est l'une des sources de preuves utilisées pour documenter l'intérêt d'un dispositif.
Non. Une étude clinique décrit des résultats observés sur un groupe de participants, dans un contexte donné. Elle met en évidence des tendances et un niveau d'efficacité, mais ne constitue pas une garantie de résultat individuel. La réponse au traitement varie d'une personne à l'autre, selon le trouble concerné, son ancienneté, la régularité d'utilisation et le suivi éventuel. Les chiffres issus d'une étude doivent donc être compris comme des indications, et non comme une promesse de résultat pour chaque utilisatrice.
Il est recommandé de demander l'avis d'un professionnel de santé (médecin, sage-femme ou kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale) avant la première utilisation, en particulier pour poser un diagnostic, vérifier l'absence de contre-indication et confirmer que la neurostimulation est adaptée à votre situation. Ce conseil s'impose d'autant plus en cas de doute sur l'origine des troubles, de symptômes nouveaux ou aggravés, ou de pathologie associée. La consultation permet aussi d'intégrer l'usage du dispositif dans une prise en charge globale.
1. Ne pas utiliser cet appareil si vous avez un stimulateur cardiaque, un défibrillateur implanté, ou autre dispositif métallique ou électronique implanté. 2. L’appareil ne doit pas être utilisé lorsque des lésions cancéreuses ou autres lésions sont présentes dans la zone de traitement. 3. La stimulation ne doit pas être appliquée sur des plaies ouvertes ou des éruptions cutanées, ou sur des zones gonflées, rouges, infectées ou enflammées (par exemple, phlébite, thrombophlébite, varices, artériosclérose oblitérante, etc.). 4. Les placements d’électrodes doivent être évités dans la région du sinus carotidien (cou antérieur) ou de manière transcrânienne (à travers la tête). 5. Utilisateurs anxieux - l’utilisation de la stimulation électrique nécessite la coopération de l’utilisateur, par conséquent, la procédure ne doit pas être tentée chez les utilisateurs présentant un handicap de communication ou une incapacité mentale. 6. Utilisateurs avec des problèmes cérébrovasculaires - les utilisateurs ayant des antécédents d’anévrisme, d’accident vasculaire cérébral et d’ischémie transitoire ne doivent pas être traités par stimulation électrique, car cela stimule le flux sanguin périphérique qui peut être fatal dans de tels cas. 7. Utilisateurs épileptiques - Les impulsions de stimulation électrique ont le potentiel de déclencher une crise. 8. Cas de douleur aiguë/douleur d’étiologie inconnue, l’utilisation du stimulateur électrique dans des cas non diagnostiqués peut entraver le diagnostic. 9. Inflammation aiguë et gonflement du système génito-urinaire, tumeurs, calculs urinaires, antécédents de maladies du système nerveux et autres maladies. 10. Ne pas utiliser pendant la grossesse, surtout pendant le premier trimestre. 11. Présence d’une maladie systémique grave, comme la sclérodermie, le diabète sucré avec complications sévères, la myopathie, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la myélopathie, ou des maladies graves du foie, des poumons, des reins, hématologiques, ou autres comorbidités.